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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 21:15

Vous comprendrez que, pour mon grand retour, j'ai eu envie de frapper avec du lourd.
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 21:26
J'ai remonté ce vieux best-of pour que les éventuels égarés sur l'ancien blog ne le trouvent pas trop naze.

Voilà il est là le best-of:

Stan
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 19:43
Franchement pas la peine d'en faire plus, dans le choix du titre.
J'avais d'abord pensé à "there's no escaping the jaws of the alien this time", extrait de "Thriller", mais ça n'a pas la même portée. Parce qu'il va falloir qu'on me la bombarde, cette phrase, encore et encore, pour que je finisse par l'admettre.

J'imagine que la radio me l'a dit ce matin, mais je n'ai pas calé. J'ai dû prendre ça pour un mauvais rêve et me rendormir pour vingt minutes. Ils parlaient de météo quand mes sens sont revenus. 

Sur le quai de la gare, j'ai repéré une nouvelle. Petite nana toute enrobée de douceur, jambes nues et bronzées sous une courte jupe violette, décolleté accueillant, félin minois et voilà, qu'est-ce que vous voulez, au lieu de suivre mes habitudes de me poser à l'étage (on a de très gros trains), je l'ai suivie en bas, me suis assis en face d'elle. Ca peut faire naturel, il faut bien que quelqu'un la prenne, cette place, alors pourquoi pas moi ? Voilà, mon secret est percé, j'aime bien côtoyer la beauté, faut pas m'en vouloir.

Et puis cette petite nana a sorti un portable, alors que j'avais sorti un bouquin de Matheson avec un magnifique cleavage sur la couverture. Les portables m'agacent dans le train, mais elle a parlé doucement. A son coeur. Elle lui a dit que Michael Jackson était mort. Le coeur devait encore être au lit, parce qu'il a paru étonné -à en croire la suite de la conversation.

On peut prétendre qu'on n'écoute pas les conversations autour de soi, mais là le réflexe a parlé avant moi. J'ai levé sur elle des yeux d'enfant terrorisé. Qu'est-ce qu'elle racontait, cette conne ? N'importe quoi, Mike n'est pas mort. Mike n'est pas mort. Elle m'a souri et m'a confirmé l'info d'un léger hochement de tête, contente d'être celle qui apprend des trucs aux gens.

Alors par la suite, mon livre ouvert posé sur mes cuisses, j'ai surtout regardé le décor par la fenêtre.

Sorti du train, une heure plus tard, j'ai demandé une confirmation supplémentaire au journal gratuit qu'ils distribuent au Luxembourg. Ca a été sans pitié, implacable, en première page: "Michael Jackson est mort". Pourtant on le voit chanter sur la photo, ils ont dû mal comprendre.

Après le bus, j'ai marché jusqu'au bureau. Me disant que j'avais comme perdu un membre éloigné de ma famille. Il a toujours été là Mike, depuis tout petit. J'ai pris l'ascenseur, suis rentré dans le bureau, ai croisé des gens. On m'a proposé un cookie car c'était l'anniversaire d'une collègue, mais j'ai décliné. "Je suis désolé mais je suis secoué" j'ai dit.

Au lieu de démarrer Lotus Notes, je suis allé vérifier et vérifier encore tout ça sur le net. Et j'ai dû passer toute la matinée avec mes lunettes de soleil, comme pour faire le malin. Pas à cause d'un soleil trop fort.

J'ai repensé à la découverte du clip de "Thriller", c'était Drucker qui l'avait montré en premier en France, il avait prévenu les gens d'éloigner les enfants de la télé. Tu parles que je suis resté, tu parles que je me suis pris la méga-claque du siècle. Mon père avait un des premiers magnétoscopes, un V-2000. Il s'est procuré la cassette du clip, j'ai dû le visionner cent mille fois. Je me suis fait traduire le texte en anglais qui démarre le clip. Pis j'ai lu que Jackson avait été inspiré par "le loup-garou de Londres", que je me suis empressé de découvrir par la suite.

J'avais des bouquins sur lui. Je pouvais identifier les photos avant et après sa brûlure à la tête sur le tournage d'une pub pour Pepsi. Ca s'est vu longtemps, cette espèce de mèche collée dans le coin du front.

Bon il n'a pas fait que du bon, le Mike hein, certaines chansons sont même carrément insupportables, surtout les slows ("you are not alone" c'est chiant à mourir, "heal the world" est confondant de niaiserie...). Mais dans l'ensemble, chaque album contenait ses pépites. A part "don't stop 'till you get enough", "Billie Jean", "Beat it" et "Thriller", comme tout le monde, je suis inconditionnel de "Dirty Diana" et "Liberian Girl", et puis après "In the closet" et "remember the time", même "black or white", et deux-trois autres sur l'album. Et encore "scream", "D.S", "Little Susie", "Earth song" et son clip incroyable, "blood on the dance floor", "they don't care about us", "you rock my world", et dans une moindre mesure "ghosts", "is it scary", "Morphine" (prémonitoire ?), "unbreakable" (pas prémonitoire)...

Voilà. J'ai bossé avec mes lunettes noires pendant quelques heures, mentionnant Jackson à tous les gens à qui j'envoyais un e-mail professionnel. Pis en milieu d'après-midi je me suis passé quelques clips sur youtube, et "Liberian Girl" m'a fait remettre mes lunettes, malgré la grosse proportion d'anciennes vedettes 80's totalement oubliées que le clip contient, et qui auraient pu me faire rigoler, notamment à cause de leurs cheveux.

Sur facebook les gens étaient soit abattus, soit moqueurs. Pareil sur les blogs. Je sais pas, c'est pas obligé d'être systématiquement drôle, si ? Tout le monde n'est pas obligé d'être un éditorialiste acerbe et hyper réactif, si ? On a le droit d'être un peu ému par une partie de sa vie qui disparaît, par la fin de la plus grande star du monde, et donc par l'avènement d'un monde différent et peut-être un peu moins bien, ou on est obligé de dire "non moi j'aimais Bashung, plutôt" ??

Voilà et puis, ce soir dans le train, mon portable a sonné. Comme le wagon était vide, je me suis permis de décrocher.

Et à voix basse, j'ai répondu à mon fils qui me demandait si j'avais appris, et qui se souciait de savoir si j'allais bien. 
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 15:53
Toujours dans Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, celle jolie bévue:

Mmmh, oui, bien entendu, le scorpion mord. Avec ses petites dent-dents. Et le serpent pique, alors ? Avec son petit couteau ?
Explication:

Un autre exemple encore ? Prenez Indiana Jones et le Temple Maudit. Pas mal non plus, la boulette qui suit:

Il est quand même un peu crétin le Henry, non ?

Tout ça, plus son attitude dans la grotte à la fin du 4, quand il se retrouve face à ce qui doit être le plus grand trésor archéologique de tous les temps, et qu'il ne montre aucune espèce d'intérêt ni d'émotion, pas même quand les merveilles sont détruites. Et quand la méchante russe lui casse ses petites poteries au début, pas même un regard il jette à ses vestiges. C'est un gars, il s'en bat les couilles en fait, de l'archéologie.

Alors pour répondre à la question du tout début, "pourquoi faut-il de longues années d'études pour devenir archéologue ?", eh bin parce que si vous n'étudiez que deux ans, comme Indy, vous passerez franchement pour un gros naze dans pas mal de situations.

Fin. Et j'en profite pour dire que je ne supporte pas l'expression "emballé c'est pesé", et encore moins "ça coûte bonbon", qu'on est obligé de prononcer avec l'accent minsch, "ça coûte bânbân".
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:51
Petit matin du monde, il neige sur Luxembourg, mais que m'importe ? On vient de m'envoyer cette vidéographie fort réjouissante que je vous invite à jouer où que vous soyez, bureau, domicile, ou chez un snob même.
Ca fout la patate, montez le son !
Humankind
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 16:55



Le mensonge a assez duré. Nous sommes en 1985, Valéry est toujours président, car grâce aux pouvoirs du premier surhomme français, il a gagné le monopole du coeur.
"Watchmen" n'est pas anglais. Encore moins américain. Tout a été pompé sur l'artiste / chanteuse / poétesse / peintre Lova Moor, par son infâme cousin Alain, alors qu'il était en vacances chez elle pendant l'été 1984. Elle lui avait montré son projet de bédé, inocemment, et le gourou barbu avait profité d'un moment d'inattention de la belle sa cousine pour faire des photocopies.


La véritable action se passe donc dans notre beau pays, et seuls les noms ont été changés. Comme quoi, il s'est pas cassé le "dieu des scénaristes"...
Voici ce que ça donnait originellement:


Et la nouvelle portée:


Autre détail abandonné par Moore (le traître !): le personnage de Capuchon (Hooded Justice en anglais, n'importe quoi) était plus développé, et sa maladresse donnait lieu à des scènes cocasses, comme cette dernière:


Alors moi j'ai envie de dire, MORT A ALAIN et VIVE LOVA !

Et allez voir ce putain de film, bordel !

ps du soir éditorial:
un bonheur n'arrivant jamais seul, non seulement j'ai enfin terminé une vraie note aujourd'hui, mais à mon retour dans mon domicile, j'ai reçu de mes amies amazones ce joli bonheur de 5 livres, évidemment introuvables par le passé:
 
J'en profite pour vous montrer mon canapé culte, mon Bambiii de Romans et mon Vador derrière une bouteille de vodka en fourrure. De gauche à droite: Watchmen and Philosophy (un livre pas officiel mais qui a l'air diantrement intéressant), Watching the Watchmen (le making-of de la bédé par Gibbons), The Art of the Film (donc comme son nom l'indique), Portraits (de très grandes photos en n/b de tout le staff, jusqu'aux figurants), et The Film Companion (c'est comme un compagnon, mais de film).
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 17:05
La preuve:

Batmobilestrip-copie-1.jpg
Batmobilestrip2-copie-1.jpg








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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 13:32

Si ma mémoire est bonne, c’est en 1992 que mon beau-frère m’a prêté les 6 grands volumes de Watchmen en me disant « tiens, lis ça ». J’avais donc 20 ans, c’était il y a 17 ans. Jamais je n’avais pris une claque pareille, et jamais je n’en ai repris depuis.

A l’époque jeune et naïf, je pensais devenir un jour réalisateur de films. Et comme j’étais évidemment tombé passionnément amoureux de cette œuvre, je me disais qu’un jour, je le réaliserais. C’était un peu mon graal.

Depuis je n’ai eu de cesse de tenter de le faire découvrir à des gens, en leur disant « c’est la plus belle histoire jamais écrite » ou « le meilleur scénario de tous les temps ». Certains ont accroché, d’autres moins. Quand j’avais envie de faire un très très beau cadeau, je l’offrais. Un jour, j’ai dit à ma nana « tu sais, je viens de faire à Nicolas le plus beau cadeau que j’aie jamais fait de ma vie ». Elle m’a regardé avec des yeux humides, l’air de se sentir trahie de ne pas en avoir été la destinataire. Puis a été rassurée quand je lui ai dit que ça n’avait pas une grande valeur marchande, juste artistique.

En 1993, j’ai touché à l’Internet pour la première fois. J’étais aux Etats-Unis et on m’a montré un t’chat en ligne. Je trouvais que ça ressemblait au Minitel, rien de bien nouveau. J’ai pris pour pseudo « Terminator » et j’ai copieusement insulté un gars. Je me souviens, en me voyant taper « fuck you », mon hôte m’a crié « no, no ! » mais c’était trop tard. Ils sont polis, ces Ricains.

Je crois que c’est en 1995 ou 1996 que j’ai commencé à surfer, dans des cybercafés à l’époque. C’était tout nouveau, j’avais demandé au cyber serveur s’il avait une sorte d’annuaire de sites à me proposer, parce que je ne savais pas où aller voir. Il m’a gentiment expliqué que non, c’était déjà trop vaste. Alors j’ai fait des recherches sur les deux plus beaux créateurs que je connaisse : Alan Moore et Gary Larson (ce dernier, découvert à 18 ans, n’a également jamais cessé de me hanter depuis. Je n’ai jamais trouvé aussi drôle que ce gars.)

Quand j’ai eu accès au net chez moi, en 1998, j’ai tout de suite cherché des infos sur Moore et Larson. On ne trouvait pas grand-chose, mais j’ai pu rassembler des interviews, et au fil des années, les autres œuvres de Moore. Tout est très bien, parfois sublime, mais rien n’a encore égalé Watchmen.

 

Quand j’ai appris que Terry Gilliam préparait un film, j’ai été ravi. Quand le bébé est passé aux mains de Paul Greengrass, j’ai acheté le DVD de son premier film (Bloody Sunday) pour voir s’il en était capable. Quand j’ai entendu dire que ça serait Darren Aronofsky, j’ai sauté de joie. Quand une rumeur dans un magazine a parlé des frères Wachowski, j’ai failli vomir (j’ai appelé les rédactions de plusieurs canards de ciné, et heureusement, personne n’a confirmé).

 

Et puis Snyder. Au fil du développement du projet, avec les infos sur le blog officiel, les featurettes, les interviews, j’ai été peu à peu rassuré. D’abord, le projet maudit se faisait enfin. Ensuite, Snyder était un authentique fan, et pas un ouvrier chargé d’illustrer un truc qu’il ne connaissait pas. Car l’armée des fans est gigantesque, et une trahison équivaudrait à une auto-condamnation à mort. Le fan de Watchmen, quand il croise un congénère, il le salue respectueusement. Il n’en croise environ que dans les boutiques de comics ou aux conventions s’il est très geek, mais c’est un peu comme ces conducteurs de camions hippies Volkswagen, qui s’interpellent avec leurs phares sur les routes. On appartient à une sorte de secte, et tout est très bien comme ça. Je m’étais fait imprimer un tee-shirt avec Rorschach, comme signe de reconnaissance. Personne ne tiltait, j’ai dû attendre les blogs pour trouver d’autres semblables, comme Ozymandias (ah bon, il est fan lui ?)

 

Aujourd’hui mon tee-shirt est tout délavé, et je ne l’ai même pas mis pour la première, hier soir. Faut dire qu’ils mettent du froid dans les salles des multiplexes, et qu’il fait pratiquement meilleur dehors.

J’étais avec ma compagne, qui ne connaissait pas mais m’a dit avoir apprécié. Je n’ai pas pu en savoir plus. Après tout, ce n’est qu’une femme, je me contenterai de sa note positive.

 

Tout ce pavé inutile pour en venir à mes impressions sur ce tant attendu film de cinématographe. Bin oui, 17 ans d’attente, je ne pouvais pas me contenter de dire « ouais c’est bien », il fallait au moins une petite intro.

 

Watchmen est à la base un film en bande dessinée. Il est déjà cadré, déjà découpé, déjà mis en scène. On a même des indications sur les musiques à utiliser. En ça, il était difficile de se planter, et Snyder, après son ridicule 300, a plutôt bien respecté l’œuvre originale.

Mais que dis-je ? Non, ça mérite plus d’entrain : Il a franchement cartonné, le gars. C’est une tuerie, son film. Une über-tuerie. Ca fait quelques années que je ne l’ai pas relu, mais j’ai reconnu un gros paquet de cases, voire de planches absolument fidèlement reproduites. Ca fait un bien fou. A l’heure actuelle encore, j’ai du mal à me départir de ce sourire béat de mec qui en a pris plein la gueule.

 

D’abord, le casting. J’ai jamais vu ça. On croirait que la bédé a été faite après le film, tellement ils ont trouvé des gueules ressemblantes. Dan Dreiberg c’est exactement Dan Dreiberg. Le Comédien a la tronche du Comédien. Rorschach est carrément mieux que sa version en dessin. Manhattan, bin c’est un mec bleu chauve et musclé, il était difficile de ne pas le réussir. Cependant, il en jette, et il a un très gros zboob (j’avais peur de la censure, parce que dans les extraits que l’on peut voir, il a comme une sorte de flou autour de la zone virile, comme un petit nuage, mais en fait dans le film on voit tout bien).

Chose étonnante, qui m’énervait dans les extraits : ce super-héros imberbe de partout a des sourcils. Ca n’a aucun sens, mais on est prêt à l’oublier, ça va, c’est pas la fin du monde.

A peine cinq minutes avant.

Dreiberg aussi souffrait d’un gros problème dans les extraits préalables : il n’avait pas son gros bide de middle-aged man qui ne rentre plus dans son costume. Eh bin en fait si, il l’a. Ca se remarque surtout au début mais ça n’a pas été oublié.

 

Un mot sur la réalisation, avant de passer au scénar. Je n’ai qu’une chose négative à dire sur ce point : mais POURQUOIIIIIII tous ces ralentis minschs moches branchés de mon cul tout en étant dépassés depuis 5 ans ? C’est d’une laideur esthétisante type MTV, ça ne prouve rien, ça ne sert en rien le récit et ça décrédibilise le projet. Je ne parle pas des ralentis qui adoptent le rythme de certaines chansons le temps d’une scène, ceux-là sont légitimes (l’enterrement notamment), mais de ces scènes d’action à la con où ça va tout vite, puis tout lentement sur un détail, puis re-tout vite… Faut arrêter les gars, c’est plus à la mode depuis des lustres, c’est bon. Comme l’explosion avec un mec qui avance vers la caméra en faisant la gueule, sans se retourner parce que ce n’est pas surprenant une explosion, bon, ça vaaaaa, arrêteeeeez ! (pas de ça dans ce film cependant, je fais un simple exemple des dérives à la mode et des mecs qui ne savent pas quand une mode a fait long feu).

 

Voilà, ça, ça craint.

 

Tout le reste est somptueux. Si on fait abstraction de ces ralentis à la mords-moi-le-nœud-bleu, la scène d’ouverture avec la baston chez Blake est simplement bandante. Ah, un détail idiot : comment peut-il avoir en 1985 une télé avec les petites barres du réglage du son qui s’affichent à l’écran ? Je ne suis même pas sûr que les télécommandes existaient à l’époque, mais les incrustations du genre, certain que non. Et personne n’y a pensé sur le tournage ? Preuve que la moyenne d’âge de l’équipe doit tourner autour des 25 piges.

Les scènes avec Rorschach sont fabuleuses, et bonne nouvelle, ils n’ont pas lésiné sur le gore. C’est franchement gerbant à certains moments. Mais gerbant fun, hein ?

Bon. A vrai dire, je n’ai rien de méchant à dire sur la mise en scène. Je ne me suis pas emmerdé une seconde, c’est très très bien fait, et les musiques sont respectées, bravo et merci.

 

Sur l’histoire, la fidélité, et comment condenser une œuvre aussi riche en 2h40.

Là encore, j’ai envie de mettre 80 à 90% de félicitations dans le boulot abattu.

Je parlais plus haut de l’armée de fans de la première heure ; il est évident que parmi cette armée, chacun a sa vision du bouquin, sa lecture, ses passages cultes et ses séquences incontournables. Personne n’a plus raison que les autres, personne n’a tort. Les individus sont heureusement différents. Dans Watchmen, il n’y a pas LA scène qui surnage, la scène où y’a pas que d’la pomme, tout est bien. Donc une adaptation en décevra certains, c’est forcé. Dans mon cas par exemple [alors c’est quand même vachement mieux de sauter ce passage si on n’a pas lu la bédé, même si, dans cette éventualité, on n’est vraiment qu’un gros con], j’avais très envie de voir le flashback avec les chiens, et ce que voit vraiment Rorschach quand il répond « un joli papillon » pendant le test du même nom (c’est dans le film), de voir Sally pleurer sur la photo de Blake après l’avoir embrassée malgré le viol (c’est pas dans le film), de voir l’enfance légèrement trouble de Rorschach et sa mère légèrement, bon, légère (c’est dans le film), de voir Bubastis (elle y est), de voir la scène où les ingénieurs et artistes qui avaient été enlevés repartent sur le bateau, quand le mec qui s’est maqué à l’Indienne découvre la bombe, prend la nana dans ses bras et lui dit « c’est rien » juste avant que ça saute (pas, mais alors pas DU TOUT dans le film), de voir les Minutemen (rhô là lààà, non seulement c’est dans le film mais on voit même leur fin et tout, c’est grandiose), de voir évidemment le gros poulpe et les milliers de cadavres ensanglantés dans la scène finale (putain c’est PAS dans le film), de voir Mars (oui), l’évasion de la prison (oui, ooh oui), etc.

Une chose que je ne comprends pas, c’est pourquoi on ne voit pas le meurtre de Hollis Mason (que j’attendais également, avec le plan génial de l’ombre de son trophée sur son visage terrifié), alors qu’il m’avait semblé voir des images de ça dans les featurettes. Je suppose (et espère) que ça a été filmé et sera dans la version longue. Vivement le DVD.

Une deuxième chose que je ne comprends pas, c’est l’absence totale des ombres des silhouettes enlacées sur les murs de New York. Là franchement, ça n’aurait pas rallongé le film que d’en inclure une ou deux. Je guettais attentivement, j’en ai pas vu une seule.

 

Quant à la relation entre le vendeur de journaux et le gamin qui lit des comics, elle a totalement disparu, on les voit une ou deux fois, en figurants, du coup quand ils se prennent dans les bras l’un de l’autre pendant l’explosion finale, on ne sait pas qui ils sont et ça n’a pas trop de saveur. Mais ne boudons pas notre plaisir : « Tales of the Black Freighter » sort en DVD, en version animée, ça fera un excellent bonus à voir après le film.

 

Voilà, bon, bref, on ne peut pas satisfaire tout le monde, on va dire que je suis bien content dans l’ensemble. Le tour de force dans l’adaptation, c’est de réussir à faire croire que (presque) tout a été évoqué, voire développé, alors que certains aspects de l’histoire ne sont que fugacement entr’aperçus au détour d’un plan. J’en veux pour preuve le subliiiiime générique de début, qui très intelligemment raconte mille choses sur mille personnes. Faut être attentif ou le voir deux fois, ou l’avoir lu, mais quel panard les enfants !

 

J’en viens pour finir au sujet qui fâche. NON, je ne suis pas d’accord avec le remaniement total de la fin. L’idée (attention, vous êtes encore dans le paragraphe spoiler hein) que les humains s’unissent pour contrer une menace extraterrestre était excellente, et fort visuelle ma foi. Alors que leurs petites bombounes là, c’est quoi ça ? Juste des explosions, bon, rien de sensationnel. Et surtout, c’est assez crétin : si la Russie est la grande menace, pourquoi ne pas les atomiser eux, simplement ? On peut se dire que « oui mais ça calmerait les choses un temps seulement, puis l’esprit guerrier de l’homme reviendrait », oui en effet. Mais bon. J’aime moins. Et quand Moore l’apprendra, gageons qu’il va se mettre à serrer ses petits poings bagousés très fort. Touchez pas à Moore putain ! Est-ce qu’on touche à la création de dieu ? Est-ce qu’on met des parkings là où il avait mis des arbres en fleur ?

Ah oui.

 

[fin de la partie spoiler]

 

Ah, un ps : on voit des nénés aussi. Un bon film sans nénés n’est pas vraiment un bon film.

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 14:20
Après tout c'est un t'chat ici, alors débattons si vous voulez bien.
Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qu'il y a de tellement bien dans Gran Torino ?
Qu'est-ce qui vaut ces pages de critiques dithyrambiques (il y en a 3, vous pouvez tout lire, ça donne très envie), ou encore ceci ?
J'ai la désagréable sensation d'avoir tort, ou de n'avoir pas tout bien compris à ce film. Parce que là je me sens seul contre tous, je demande donc à être éclairé: il est impossible que je sois le seul à avoir les yeux ouverts, ça ne s'est jamais vu.
En général, quand on adore un film et qu'un pote vient nous dire "êêê, la honte, c'est une bouse ce truc", on se sent un peu con, on a limite honte d'avoir aimé finalement. Ou alors on trouve le pote pas très fin. Ou on se dit "bon bin chacun ses goûts, je me marierai pas avec toi, c'est tout. Enculé."
Quand on déteste un film en revanche, et qu'un ami vient nous en faire l'article, la situation est toute autre, on se sent en situation de force, "haha je vais l'humilier ce con, moi je sais ce qui est bon, lui il a tort, sortons l'artillerie lourde".
Mais ici, je n'ai pas envie de détester, c'est quand même Clint.

Alors qu'est-ce qui ne va pas ?
Attention, spoiler alert. Pour ceux qui ne l'ont pas vu et aimeraient s'y rendre, sachez que je vais dévoiler des choses que vous ne voulez peut-être pas savoir.
Je ne vais pas tout décortiquer, sinon personne ne lira, et dans la mesure où personne n'a cette adresse, personne multiplié par personne, ça fera pas grand monde. Contentons-nous de mettre le doigt sur quelques défauts notables:
Les personnages. Monodimensionnels. Prenez par exemple la petite fille du héros Walt Kowalski (ah tiens c'est marrant, il a le même nom que Brando dans "a streetcar named desire", c'est fait exprès ou tous les polacks s'appellent comme ça ?). Le personnage pourrait être intéressant s'il avait été écrit, mais il s'agit ici d'une vulgaire caricature. Elle a 4 scènes, écrites sans aucune finesse. L'enterrement de sa grand-mère, auquel elle va avec le nombril piercé apparent / le buffet qui suit, où elle sort des phrases comme "oh là là, et dire que je ne voulais pas venir, pourquoi vous m'avez forcée ?" -ce qui aurait tout à fait pu être suggéré sans être aussi lourd / le face-à-face avec Clint dans le garage, devant sa Ford Ka Gran Torino 1972, où elle ne lui dit qu'un truc: "tu la lègues à qui ta bagnole ?" / la lecture du testament, où elle s'apprête à hériter de la caisse et se dresse sur sa chaise dans cette attente. Et retombe, évidemment, en apprenant que le vieux l'a léguée à un petit nem, évidemment aussi.
Ses parents sont également des caricatures sans aucune personnalité, ou alors celle très profonde des parents de Boule, l'ami de Bill.
Les persos secondaires sont donc un peu écrits avec les pieds, ce qui est étonnant quand même, parce que merde, Honkytonk Man, Bird, Unforgiven, Mystic River, Million Dollar Baby, Letters from Iwo Jima, Changeling... (et aussi quelques conneries ok), on est en droit d'attendre un peu de sérieux non ?
Le personnage principal est également discutable sous divers aspects. Dans le jeu d'abord: c'est un pépère de dessin-animé, qui fait des petits grognements d'ours toutes les 5 minutes car il déteste tout et tout le monde (pfff...). Encore une fois, suggérer, c'est tellement mieux que de montrer, appuyer, marteler, illustrer, sous-titrer, raconter l'action alors qu'elle se déroule déjà sous nos yeux ! Ce qu'il fait régulièrement au cours du film, se parlant tout seul à voix haute, révélant ainsi des informations aussi essentielles que "cette mamie à côté commence à m'énerver, je crois qu'elle m'a dans le nez". Ce qu'on se dit souvent à voix haute hein ? Dommage franchement.
Dans ses motivations, il n'est pas trop raccord non plus. Le basculement entre vague facho hyper xénophobe et meilleur ami de la communauté Hmong se fait en une seconde, simplement parce qu'il n'a plus de bière et qu'ils en ont à côté. C'est un peu court jeune homme. Je vois mal Dieudonné aller à la Bar-Mitzva de ses voisins parce qu'il est en pénurie de jambon et qu'ils en... ah non pardon, ça marche pas. Alors disons, je vois mal Le Pen aller faire la fête dans un bidonville turc parce qu'on l'a invité à boire du Château Pétrus. Hein ? Ca colle pas non plus vous dites ?
Oh merde, vous voyez l'idée.

Alors après, il y a de bons moments quand même. J'aime bien quand il fait le pistolet avec son doigt, il utilise ce gimmick dans 3 scènes, et ça fonctionne à chaque coup. J'aime bien aussi sa relation avec le tueur du Zodiac, devenu coiffeur le temps d'un film, et les bananes racistes qu'ils s'envoient à la gueule en toute amitié. J'aime bien la morale du truc, même si le côté rédempteur christique peut légitimement casser les couilles, et même si c'est cousu de fil blanc. J'aime bien les rapports à la famille, même si, bon, ça fait 12 films que Clint raconte qu'il s'entend mal avec sa fille et qu'il regrette, et qu'à force on a compris.

Mais dans l'ensemble, quatre étoiles partout, faut pas exagérer, flûte ! C'est bien, c'est pas une bouse, mais c'est loin d'être aussi fort que ceux que j'ai cités plus haut. A mon sens.

Votre avis nous intéresse.

ps: à sa décharge, j'ai vu le film dans sa calamiteuse version française, et je promets de ne plus jamais voir de films doublés pour des débiles, parce que ça ne lui rend absolument pas service. Mais à Metz un dimanche soir, s'il n'est pas projeté au Caméo, eh bin on n'a pas le choix. On ne l'a pas.
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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 20:48
Le Ministre de l'écologie et de la peine de mort Jean-Louis Borloo a décidé, après un repas avec des chasseurs, de remettre la belette et la martre sur la liste des "nuisibles". Déjà faudrait définir le mot. Ca se lit ici. 
Entendons-nous bien: un représentant de l'Etat déjeune avec des malades mentaux (des pauvres gens qui ont des pulsions de sang, bon, chacun sa croix), et au lieu de leur proposer un traitement, il les autorise à assouvir leurs désirs assassins.

Ah bon. OK. Alors pour la semaine prochaine, je propose un déjeuner avec un groupe de pédophiles, à l'issue duquel le Ministre de la santé et du zboob dans les fesses autorisera ces derniers à se taper un certain nombre d'enfants par mois.

Restons logiques jusqu'au bout.

 
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